Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 11:09

Icône blog actuDu 1er au 15 juin 2012 une grande opération de communication autour de la culture bio va se dérouler dans toute la France. Le coup d'envoi de cette 13e édition du Printemps Bio aura lieu le 1er juin à Paris, place des vins de France dans le quartier de Bercy avec de nombreuses animations sur le thème des "Terroirs bio des régions de France".

 

1er juin un démarrage en fanfare

 

Lors de cette journée vous pourrez découvrir une expo photo (concours), 23 paniers de produits régionaux bio, l'atelier du chef (démonstrations culinaires, dégustations,...), un espace barbecue (avec des viandes bio biensûr...), faire des rencontres entre producteurs bio et consommateurs ou encore des dégustations de vins bio (avec modération).

 

Les jardinerie Botanic partenaire de l'opération organisera des animations sur le thème du potager bio lors de cette journée.

 

affichePbio3

 

15 jours d'animation dans les régions

 

Pendant ces 15 jours toute la filière bio sera mobilisée en région avec des portes ouvertes (dans des exploitations, des entreprises, vergers, potager,...), des animations et des dégustations (sur les points de vente, dans les enseignes généralistes et spécialisées), des conférences, des expositions, des repas bio en restauration collective et commerciale,...

 

Pour les professionnels désirant se convertir au bio des portes ouvertes et des rencontres seront également organisées.

 

Consultez le programme pour votre région: http://bit.ly/LlYeCC

 

Des apéros bio (avec modération...)

 

Des apéros bio seront organisées pour mettre en avant les vins bio mais également d'autres boissons comme des cidres, bières et jus de fruits bio. Les gourmands pourront se rassasier en dégustant fruits et légumes de saison, charcuterie, viandes (avec les fameux barbecue).

 

Sur internet aussi

 

Sur internet vous pourrez visionnez 20 programmes courts appelés "La Minute Bio". Ils sont également diffusées sur M6 jusqu'au 12 août 2012 les samedis vers 18h40 et les dimanches vers 18h35. 10 nouveaux épisodes inédits seront ajoutés en juin.

 

A noter que cette opération nationale est soutenue et financée à 50% par l'Union Européenne dans le cadre de la promotion de l'agriculture biologique et de ses produits.

 

Ne pas oublier la réalité du terrain pendant ces 15 jours de fête...

 

Enfin ma note personnelle sur cette opération: je trouve cela très bien qu'on fasse la promotion des produits et de la culture bio auprès du grand public cependant il ne faut pas oublier que la production bio française n'arrive pas à fournir un marché en croissance constante nous obligeant à importer des produits de pays parfois moins contrôlés que nous. En effet malgré la présence du label AB dans les rayons, le système de contrôle du cahier des charges chez les producteurs "exotiques" dans d'autres pays est largement perfectible (hors UE). En espèrant que le nouveau gouvernement va mettre en place de nouvelles mesures incitatives en France pour les producteurs agricoles désirant effectuer une convertion à la bio.

 

 

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 09:48

Icône blog coup de projBeaucoup de jardiniers l'auront remarqué, ne serait-ce que la promotion qui en a été faite, une nouvelle génération d'anti-limaces moins toxique a vu le jour. Appelés Ferramol (comme fer et mollusque) ces nouveaux granulés à base de phosphate ferrique remplacent peu à peu une ancienne substance, le métaldéhyde réputée dangereuse pour les animaux vertébrés (mammifères, oiseaux), les vers de terre et insectes du sol.

 

Cependant nombre d'entre vous n'estimaient (ou n'estiment) pas que ce nouveau produit soit aussi efficace que l'ancien, ce dernier ayant un mode d'action très "champ de bataille" laissant des dizaines de cadavres de limaces éparpillés au jardin. Alors comment fonctionne l'anti-limaces Ferramol et est-il aussi efficace devant les "gloutonnes baveuses" ?

 

Un granulé anti-limaces c'est quoi ?

 

Un  granulé anti-limaces est en fait une base proteinée souvent constituée d'une pâte de blé dur auquel on incorpore le principe actif, dans notre cas du phosphate ferrique. La principale contrainte pour un granulé est de conserver son appétence (son coté appétissant pour les limaces) et de résister au délitement en conditions humides.

 

ferramol

 

Quelle action sur les limaces ?

 

Une fois consommés par une limace les granulés ont une double action sur la "langue" rapeuse de celle-ci (le radula) et sur leur panse (comme les vaches). Le premier effet est un effet coupe-faim et donc rapidement un arrêt des dégâts. Ensuite le phosphate ferrique produit dans son organisme des désordres métaboliques relayé par les systèmes nerveux et circulatoires ainsi que la désintégration des cellules de l'intestin. Cela affecte la production de mucus (son arrêt ou forte diminution) et le métabolisme du calcium qui provoque la mort de la limace en quelques jours (taux de mortalité de 100% pour les limaces ayant consommé le granulé).

 

Pourquoi ne voit-on pas de cadavres de limaces dans le jardin ?

 

Les limaces, peu après avoir consommé le granulé arrêtent de se nourrir et s'enterrent dans le sol pour y mourir. De plus il n'y a pas de traces de mucus grâce au mode d'action du phosphate ferrique. C'est pourquoi de nombreux jardiniers doutent de l'effet du produit en raison de l'absence de cadavre et de surproduction de mucus, signature de l'ancien produit, le métaldéhyde.

 

Une idée reçue qui grandit: le Ferramol enrichirait le sol en fer.

 

Certes Ferramol contient du fer mais la quantité apportée au sol est tellement faible qu'elle en est négligeable (quelques dizaines de grammes par hectare). Quant au phosphate il est dégradé en ions phosphate (PO3-).

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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 09:35
Icône blog actuENFIN !! Une étude française mets en cause le thiamétoxam, substance active du Cruiser, insecticide largement répandu dans les cultures de maïs et colza. L'information date du 29 mars 2012 et vous vous demandez sans doute pourquoi j'écris cet article si tardivement...
 
En fait j'étais curieux. Je voulais attendre la réaction de la presse professionnelle agricole et horticole. L'un de ces magazines a, je pense, la palme d'or des réactions les plus ambigues et gènées. Ce magazine spécialisé dans la protection des végétaux publie cette simple phrase laconique:" La publication de l'étude INRA-ACTA-ITSAP-CNRS sur les effets sublétaux du thiamétoxam sur les abeilles à fait grand bruit. Nous en parlerons à tête reposée". no comment !!
 
Parce que cette étude c'est du lourd. Les plus gros instituts de recherche français se sont associés pour la mener. Il s'agissait d'évaluer l'impact du thiametoxam sur le taux de retour des abeilles à la ruche grace à l'utilisation de micropuces RFID collées sur l'abdomen de 650 individus. Résultat, les abeilles soumises à une très faible dose du pesticide ont un taux de mortalité de 25 à 50 % par rapport au groupe temoin qui lui enregistre un taux de mortalité naturel des butineuses de 15%. Sans compter que les butineuses qui arrivent tout de même à retrouver le chemin de la ruche contaminent ses congénères par le pollen contenant du thiametoxam.
 
abeille-butine
 
Certains de mes lecteurs même s'il comprennent mes positions me reprochent parfois mon ton très incisif pour ne pas dire violent sur ce sujet des pesticides. Mais le sujet est grave. Nos agriculteurs meurent mais nous regardons ailleurs (voir documentaire la mort est dans le pré) Nos abeilles meurent et nous regardons également ailleurs... Les abeilles sont considérées dans certaines cultures humaines comme des sentinelles de la nature. Elles sont aptes à prévenir l'homme qu'un danger nous guette. Les pesticides seront, sont le scandale sanitaire de ce siècle. Et les firmes auront beau utiliser leur puissance économique pour cacher la vérité, elle finira tout de même par éclater. C'est une question de temps car il y a eu des précédents comme l'amiante.
 
Concernant le thiametoxam deux mensonges issus de la propagande des firmes phytosanitaires viennent de tomber. Elles affirmaient que le pollen de maïs et de colza n'était pas contaminé par le pesticide: une étude américaine a prouvé le contraire (lire l'article http://www.planetejardin.net/article-une-etude-americaine-met-en-evidence-la-presence-de-cuiser-dans-le-pollen-de-mais-96704456.html ). Ensuite elles ont affirmé que le produit, même présent en faible dose n'avait aucune incidence sur la mortalité des abeilles: là encore, tissu de mensonge (lire le communiqué de presse de l'INRA http://www.inra.fr/presse/abeilles_desorientees_par_faible_dose_insecticide )
 
Si vous êtes un jardinier amateur prenez garde. En effet une marque de produits de jardin a caché du thiamétoxam dans l'une de ses formulations: Il s'agit de la marque Algoflash avec sa gamme AXORIS®.
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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 09:26

Icône blog actuA l'occasion de la semaine du développement durable début avril certains médias ont mis un coup de projecteur sur les éco-résistants. Ces derniers rejettent la vague écologiste actuelle et remettent en cause nombre de thèses éco-responsables pour leur propre consommation. Ils se moquent pas mal des produits bios, sont partisans du nucléaire, utilisent des pesticides au jardin ou sont climato-sceptiques (remise en cause du réchauffement climatique). Puisque je ne suis ni spécialiste du nucléaire ni du climat parlons des éco-résistants au jardin.

 

Ils sont plus nombreux qu'on ne le croit et ont vite fait de s'énerver lorsqu'on leur parle d'éco-jardinage (j'en fait souvent l'experience...). Mais qui sont-ils ? d'après certaines études ils auraient plus de 50 ans, ancien baby boomeur, au pouvoir d'achat limité et habitant une petite ville.Etant une génération d'après guerre ils ont grandi avec l'idée que les pesticides garantissaient la sécurité des récoltes, que la ressource en eau ne ferait jamais défaut.... Tel des fumeurs ils se trouvent toutes les excuses possibles et immaginables pour continuer à consommer de la même manière qu'il y a 40 ans. Certaines sont conprehensibles d'autres non.

 

Chez certains il y a un petit esprit de désobéissance face à ce qu'ils considèrent comme une mode et non comme un changement profond de nos modes de vie. Ils considèrent également le lobby écologiste comme une entité obscure se servant de l'environnement comme prétexte pour se faire de l'argent. Le problème de la perception de l'écologie troublée par les discours et les attitudes de certaines entreprises surfant sur la vague des produits bio (en jardinage notamment) est réel. C'est ce que beaucoup appellent le "green-business". Certains produits de jardinage vendus (chers) actuellement ne sont pas indispensables au jardinier. Pour l'exemple j'ai vu fleurir en jardinerie ces petits frigos contenant des auxiliaires (larves des coccinelles, de chrysopes,...) destinés à être lachés dans le jardin. La majorité des jardiniers ne sont pas formés pour utiliser des auxiliaires et qui plus est en plein air car ces derniers s'échappent rapidement de votre jardin sans avoir mangé aucun puceron...

 

Le green-business alimente le discours des jardiniers paranos qui voient là un complot pour remplacer le traditionnel produit chimique par un autre (biologique) moins efficace, plus cher et qui plus est avec l'appui de l'Etat. Il est vrai que les produits éco-responsables sont plus onéreux mais il y a trois raisons à cela. Ils ont été mis au point par de petites sociétés qui ont beaucoup investi en R&D (Recherche et développement), les volumes de ventes et de production ne sont pas assez important pour fixer un prix bas mais il y a également les jardineries qui profitent de l'engouement actuel pour gonfler un peu les prix... Prenons un autre exemple, celui des graines bio. Elles sont plus chères car produites en petites quantités et artisanalement (comparé aux traditionnelles), ont nécessité des recherches pour retrouver et produire des variétés anciennes.

 

Avec la crise les éco-résistants sont plus nombreux justement pour cette raison économique mais également par idéologie. Pour reprendre la métaphore des fumeurs la seule façon de les contraindre (les jardiniers) est de passer par la législation (restriction d'eau, lois issues du grenelle - éco-phyto 2018,...) ou atteindre un point de non-retour (scandale sanitaire, catastrophe écologique,...). Et encore la catastrophe écologique n'est pas une raison suffisante la preuve en est un an après Fukushima dans le nucléaire la France pense être à l'abri (discours officiel), dans le pétrole la recherche de l'or noir par Total et consorts nous gratifie de projets de plateforme de forage en méditérranée, etc.

 

Eco-résistants et écologistes c'est un peu comme le ying et le yang l'un ne peut pas aller sans l'autre....

Par Hortiman - Publié dans : Actualités
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 08:14

Icone-blog-environnementDe plus en plus de jardiniers utilisent le bacille de thuringe alias Bacillus thuringiensis pour lutter contre la teigne du poireau. Bien connue des jardiniers bio la bactérie constitue un excellent moyen de lutter contre tous les lépidoptères (papillons) que ce soit au jardin, dans les zones boisées (processionnaires) ou en zones agricoles (pyrale du maïs).

 

Découvert en 1901 par un japonais dans un élevage de vers à soie, la bactérie a été utilisée pour la première fois en milieu agricole en 1933. En 1976 est découvert deux nouveaux sérotypes à savoir Bacillus thuringiensis israelensis (Bti) et tenebrionis qui ont ouvert de nouveaux marchés pour la lutte contre les larves de moustiques et de coléoptères (doryphores sur pommes de terre).

 

Depuis environ dix ans de multiples études ont pourtant montré que B. thuringiensis pourrait avoir des effets secondaires dans l'environnement et notamment sur les milieux aquatiques. Si vous êtes un jardinier amateur ne craignez pas de l'utiliser car sa version pulvérisable, rapidement photodégradable, est faiblement persistante dans l'environnement. Non, le problème provient d'une invention récente, issue des biotechnologies à savoir les OGM et plus précisérnent du maïs Bt.

Maïs Bt comme Bacillus thuringiensis car la plante possède un gène qui lui permet de produire elle même, par ses feuilles, tiges, fleurs et racines une protéine (toxine - photo) synthétisée par la bactérie. Cette protéine une fois ingérée par le ravageur réagit avec le milieu intestinal de l'insecte en formant des cristaux qui détruisent les cellules de l'intestin. La chenille (larve) arrête donc de se nourrir et meurt.

 

Bacillus-thuringiensis

 

Mais le problème avec le maïs transgénique est que d'une part une quantité énorme de toxine Bt est libérée dans l'environnement par le pollen, les racines et transportée par le vent ou la pluie et l'irrigation vers les milieux aquatiques allant de la simple flaque à la rivière. Des études américaines ont mis au jour la toxicité du Bt pour la faune aquatique (bioindicateurs) perturbant la croissance de ces organismes ou provoquant leur mort à haute dose.

 

D'autre part le transgène pourrait être assimilé par d'autres bactéries différentes de Bacillus thuringiensis et elles aussi pourraient se mettre à fabriquer la toxine. Cependant les discussions font rage entre les partisans du maïs Bt (possédant sans doute des actions chez Monsanto...) et les chercheurs indépendants (oui, oui cela existe encore!!) sur ce risque de dissémination des gènes dans l'environnement. Peut-être verrons-nous d'autres plantes OGM produisant du Bt comme la pomme de terre pour lutter contre le doryphore (voir plus haut) mais loin de moi l'idée de donner des idées aux industriels.

 

Mais ces débats interminables sur l'innocuité des OGM profitent à l'industrie qui pendant ce temps continue à se prendre pour le docteur Frankenstein, à faire du profit sur le dos des agriculteurs du monde entier et hypothéquer un environnement dont les générations futures devront payer le prix de son déséquilibre...

 

 

Par Hortiman - Publié dans : Environnement
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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 10:39

Icône blog actuLe 7 mars le conseil d'état a annulé le refus d'abrogation de l'autorisation du Roundup Express du ministère de l'agriculture. Saisi par le mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) le conseil a estimé que le ministère n'a pas évalué à sa juste valeur le potentiel toxique du Roundup Express. Résultat, le produit devra être rééxaminé par le ministère après avis de l'AFSSA (qui s'appelle désormais Anses - Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du travail) dans un délai de 6 mois.

 

Est-ce une véritable victoire contre Monsanto et son Roundup ? Oui et non...

 

Oui parce que selon le MDRGF "Il s'agit d'un évènement considérable car pour la première fois la plus haute juridiction administrative se prononce sur la légalité même de l'AMM d'un Round Up et, partant, sur le contrôle de sa toxicité. Cette décision est d'autant plus importante qu'elle concerne un herbicide, le Roundup Express, qui est autorisé à l'emploi dans les jardins. Cette décision concerne tous les consommateurs et leurs enfants"

 

Non parce que cette décision ne sera sans doute qu'une piqûre de moustique pour la firme car les arguments du conseil d'état ne mettent pas en cause (pour l'instant) la matière active principale du Roundup (le glyphosate) mais une interaction entre cette dernière et une autre substance de la formulation du Roundup Express.

 

Quelle est cette substance qui pose problème ?

 

Le Roundup Express est en fait un cocktail infernal de plusieurs substances dont une qui pose problème: l'acide pélargonique. Cet acide aurait des interactions avec les autres substances de la formulation. Pourtant l'acide pélargonique est souvent promu comme un désherbant "écologique" lorsqu'il est utilisé seul: il est souvent vendu comme tel au jardinier amateur. L'acide pélargonique a été extrait pour la première fois du Pélargonium roseum et peut être également préparé à partir d'extrait de Rue, une autre plante. Il est inscrit sur la liste des substances actives de l'Union Européenne.

 

Ce qu'en dit le site promotionnel du Roundup.

 

Par curiosité je suis allé sur le site promotionnel du Roundup. Dés la page d'accueil une fenêtre pop-up vous demande quels sont vos habitudes en matière de désherbant avec cette question: "quel marque de désherbant utilisez vous habituellement ?". Vous avez droit à quatre réponses: Roundup, Roundup et une autre marque, une autre marque, je n'utilise pas de désherbant. N'essayez pas de fermer cette fenêtre indiscrète sur vos habitudes de jardinage car c'est impossible.

Ensuite j'essaie comme un jardinier débutant de me renseigner sur le Roundup Express: à peine après avoir lu la propagande officielle sur le produit une autre fenêtre pop-up s'ouvre avec une autre question qui donne "après avoir visité le site êtes vous": "plus enclin à utiliser Roundup", "moins enclin", "dans les mêmes dispositions ?". Encore une fois impossible de poursuivre la visite sans répondre au questionnaire...

 

Ce site pratique allègrement toutes les ficelles d'un totalitarisme marketing avec le culte de la personnalité (en l'occurrence d'un produit à la place d'un dictateur), une propagande apte à embobiner les désespérés (le jardinier à la place du peuple) et un moyen de mesurer les effets de cette dernière (un référendum tronqué vu que  les adeptes du bio ne viendront jamais sur ce site, seuls les convaincus votent..).

 

Par Hortiman - Publié dans : Actualités
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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 15:04

Icône blog humeurAllez, un article un peu cynique pour commencer la semaine... Au détour de quelques courses dans un hypermarché de ma ville (non, non je ne dirai pas laquelle!!) je suis tombé nez à nez devant une belle palette de désherbant. Du Roundup pour ne pas le citer. Encore un peu et je finissais aveugle devant tout ce jaune et ce vert surgit de nulle part en bout de gondole (non pas celles de Venise quoiqu'en période de carnaval cela vient de me donner une idée pour la suite de cet article).

 

Parlons de carnaval. Les insecticides et autres désherbants sont véritablement les rois du déguisement. De la couleur, des costumes attirant (le packaging) avec en plus un slogan qui fait mouche auprès d'une assemblée médusé. Médusé comme Méduse dans la mythologie grecque qui pétrifiait les malheureux qui osaient la regarder en face. Et oui les jardiniers adeptes de ces produits ont été transformés en consommateurs de pierre incapables de bouger pour voir ce qui se fait ailleurs de plus écologique. Et plus le temps passe et plus cette pétrification est irréversible. La preuve en est quelques jours plus tard de passage dans une jardinerie ou une cohorte de seniors venait acheter leur dose du célèbre désherbant en même temps que leurs plants de pomme de terre.

Ces seniors qui dans une société devraient nous apporter la voix de la sagesse et de la raison ont été endoctrinés par le miracle d'après-guerre que constituait les pesticides. Et quand des jeunes comme moi, à l'occasion d'une conférence, tentent de les informer sur les risques des pesticides ou de désherbants ces seniors répondent: "gamin, à mon âge j'ai plus rien à perdre". Il sont tout acquis à la cause des firmes, fidèles parmi les fidèles...sans  en avoir conscience.

 

Mais les seniors d'aujourd'hui ne seront pas ceux de demain. Les moins de quarante ans ont vu naitre une conscience écologique et les firmes de produits phytosanitaires doivent trouver de meilleurs déguisements pour leurs produits. Devant faire face à des réglementations de plus et plus restrictives à l'encontre des pesticides, il leur faut embrigader de nouveaux clients plus jeunes. J'en reviens donc à mon présentoir de Roundup dans cet hypermarché. Celui-ci avait un emplacement plutôt insolite situé entre le rayon des jouets et des articles de loisir extérieurs, mais non loin du rayon jardin. Est-ce volontaire ? Dans ce cas je ne sais pas. Mais ce que je sais c'est que ce genre d'installation est souvent supervisée par un représentant de la marque qui sillonne la région et choisit consciencieusement les emplacements.

 

roundup-presentoir

 

Mais le règne des pesticides dans les jardineries touche à sa fin. De moins en moins de produits chimiques disponibles dans les rayons et seuls quelques dinosaures subsistent comme le Roundup et encore beaucoup trop de désherbants à mon goût. En effet il n'y a pas encore de substituts naturels, écologiques, pratiques et efficaces pour désherber... mais cela c'est appliquer la sentence de mort aux "mauvaises herbes" sans leur avoir fait de procès équitable.

Par Hortiman - Publié dans : Humeur de jardinier
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