Environnement

Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 08:14

Icone-blog-environnementDe plus en plus de jardiniers utilisent le bacille de thuringe alias Bacillus thuringiensis pour lutter contre la teigne du poireau. Bien connue des jardiniers bio la bactérie constitue un excellent moyen de lutter contre tous les lépidoptères (papillons) que ce soit au jardin, dans les zones boisées (processionnaires) ou en zones agricoles (pyrale du maïs).

 

Découvert en 1901 par un japonais dans un élevage de vers à soie, la bactérie a été utilisée pour la première fois en milieu agricole en 1933. En 1976 est découvert deux nouveaux sérotypes à savoir Bacillus thuringiensis israelensis (Bti) et tenebrionis qui ont ouvert de nouveaux marchés pour la lutte contre les larves de moustiques et de coléoptères (doryphores sur pommes de terre).

 

Depuis environ dix ans de multiples études ont pourtant montré que B. thuringiensis pourrait avoir des effets secondaires dans l'environnement et notamment sur les milieux aquatiques. Si vous êtes un jardinier amateur ne craignez pas de l'utiliser car sa version pulvérisable, rapidement photodégradable, est faiblement persistante dans l'environnement. Non, le problème provient d'une invention récente, issue des biotechnologies à savoir les OGM et plus précisérnent du maïs Bt.

Maïs Bt comme Bacillus thuringiensis car la plante possède un gène qui lui permet de produire elle même, par ses feuilles, tiges, fleurs et racines une protéine (toxine - photo) synthétisée par la bactérie. Cette protéine une fois ingérée par le ravageur réagit avec le milieu intestinal de l'insecte en formant des cristaux qui détruisent les cellules de l'intestin. La chenille (larve) arrête donc de se nourrir et meurt.

 

Bacillus-thuringiensis

 

Mais le problème avec le maïs transgénique est que d'une part une quantité énorme de toxine Bt est libérée dans l'environnement par le pollen, les racines et transportée par le vent ou la pluie et l'irrigation vers les milieux aquatiques allant de la simple flaque à la rivière. Des études américaines ont mis au jour la toxicité du Bt pour la faune aquatique (bioindicateurs) perturbant la croissance de ces organismes ou provoquant leur mort à haute dose.

 

D'autre part le transgène pourrait être assimilé par d'autres bactéries différentes de Bacillus thuringiensis et elles aussi pourraient se mettre à fabriquer la toxine. Cependant les discussions font rage entre les partisans du maïs Bt (possédant sans doute des actions chez Monsanto...) et les chercheurs indépendants (oui, oui cela existe encore!!) sur ce risque de dissémination des gènes dans l'environnement. Peut-être verrons-nous d'autres plantes OGM produisant du Bt comme la pomme de terre pour lutter contre le doryphore (voir plus haut) mais loin de moi l'idée de donner des idées aux industriels.

 

Mais ces débats interminables sur l'innocuité des OGM profitent à l'industrie qui pendant ce temps continue à se prendre pour le docteur Frankenstein, à faire du profit sur le dos des agriculteurs du monde entier et hypothéquer un environnement dont les générations futures devront payer le prix de son déséquilibre...

 

 

Par Hortiman - Publié dans : Environnement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 15:00
Icone-blog-environnementClaude Bourguignon est un agronome libre. Ancien de l'INRA et désormais indépendant il dénonce la politique de l'autruche menée par toute la filière agricole, par les instances dirigeantes (ministère de l'agriculture) et autres instituts de recherche agronomiques publics à travers la dégradation de notre patrimoine pédologique (les sols agricoles). Voici une vidéo qui date de 2007, extrait d'un film documentaire, "Alerte à Babylone", réalisé par Jean Druon. Cela se passe de commentaires et je cautionne à 100%...
 

 

Retrouvez d'autres interventions de ce "diseur de vérité" sur le site de sa socièté (LAMS) spécialisée dans l'étude écologique de profil cultural et également laboratoire indépendant d'analyse de sol.

Par Hortiman - Publié dans : Environnement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 15:18

Icone-blog-environnementUn communiqué de presse de l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) de février 2011 nous apprend que les chercheurs de la vénérable institution (en collaboration avec des indiens et des américains) ont trouvé un moyen de produire des clones de plantes à partir de graines.

 

Pour rappel la multiplication des plantes par voie sexuée traditionnelle, faisant intervenir des individus males et femelles, produit des "enfants" constitués pour moitié du patrimoine génétique de chacun des parents. Cela garantit la biodiversité par la production de plantes au patrimoine génétique unique et entre dans un processus de sélection naturelle démontrée par notre cher ami Darwin (n'en déplaise à certains extrêmistes catholiques...).

 

Mais voilà que des chercheurs ont donc trouvé le moyen (en théorie pour l'instant) de produire des clones à partir de graines par un phénomène que l'on nomme apomixie. Cette dernière existe naturellement chez environ 400 espèces de plantes sauvages, ce qui est peu compte tenu de la diversité végétale de la planète (et il y a sans doute une raison à cela).

 

L'objectif affiché de ces recherches est de produire des millions de plantes identiques génétiquement de manière plus simple qu'aujourd'hui (sans passer par la culture in-vitro ou la multiplication végétative) et surtout plus économique. Alors que penser de cette nouvelle technique à l'heure ou l'on nous parle de biodiversité à tous les coins de rue ? Imaginez vous que vous achetiez dans 20 ans des plantes parfaitement identiques (génétiquement et morphologiquement) aux quatre coins de la France. Cela deviendra le règne de l'uniformisation végétale, les plantes ne correspondant pas aux canons imposés par l'économie horticole et agricole devenant des marginales, des raretés.

 

Bien sûr les chercheurs avancent de futurs avantages décisifs comme la mulitiplication et la diffusion rapide de plantes "élites" ayant des propriétés de résistance vis à vis de certaines maladies économiquement pénalisantes. Mono-culture et clonage les deux ennemis jurés du jardinier bio.... Mais les écologues nous ont appris qu'un écosystème stable est un écosystème diversifié nous indiquant ainsi que certaines recherches ont des vertus plus économiques que bio-responsables.

 

La recherche agronomique n'est pas fondamentalement mauvaise car elle vise aussi à trouver de nouvelles solutions biologiques mais cette piste du clonage associée à celle des OGM fera sans doute polémique chez les écologistes.

 

 

 

 

 

Par Hortiman - Publié dans : Environnement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 15:50

Icone-blog-environnementL'industrie de la fertilisation azotée est comme chacun le sait très polluante en raison du procédé de fabrication de ce type d'engrais (spécifique à l'azote). Fin 2008 l'Union Européenne, à travers le conseil et le parlement, a édicté une directive visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 20% d'ici à 2020.

 

Les industries fabriquant de l'azote sont concernées par ce paquet énergie-climat en raison de leurs émissions importantes de CO2. Ils ont investi 130 millions d'Euros entre 2007 et 2010 pour atteindre officiellement les objectifs de l'UE: c'est la moindre des choses...

 

Cependant ils commencent à protester face à la politique environnementale de l'Europe en mettant en avant que cet effort a fragilisé la santé économique des entreprises du secteur, ce qui est sans doute vrai... mais c'est pas une excuse.

 

Et c'est bien souvent la manie des industries polluantes, à savoir de brandir la menace des suppressions d'emplois, du chômage afin de faire peur aux politiques nationaux soucieux de leur électorat, plus sensible à la situation de l'emploi à court terme qu'à l'environnement.

 

Alors les industries de la fertilisation lancent des chiffres: 70 000 emplois en danger en Europe, 15 000 emplois directs en France... Et voilà comment les lobbys sortent un argument massue à un peu plus d'un an d'une présidentielle. Dans ce cas la l'environnement peut attendre...

 

Mais je ne suis pas maso, je ne prétends pas que les suppressions d'emplois, la misère et la difficulté du chômage soit le prix à payer pour préserver la planète des "méchants humains". Il va cependant être nécessaire de se montrer imaginatif pour amorcer des reconversions économiques qui seront certes couteuses mais profitables à long terme.

 

Le grenelle de l'environnement avait été un timide pas vers cette démarche de révolution verte mais la crise a eu vite fait de freiner les ardeurs d'une promesse qui a été électorale (opportuniste ?) à défaut d'être une promesse sincère de changement. Le poid du coût des catastrophes naturelles liées au changement climatique va peser de plus en plus lourd sur les assureurs et il va falloir de toute façon payer pour nos excès consuméristes.

 

Alors ce printemps, dans le rayon engrais de votre jardinerie, abandonnez les fertilisants minéraux de synthèse et faites le choix des engrais organiques. Cela ne pèsera pas lourd dans cette économie de la fertilisation (les agriculteurs sont les plus gros consommateurs d'azote de synthèse) mais au moins vous ferez un geste militant...

Par Hortiman - Publié dans : Environnement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Blog Compensé Carbone

bonial – catalogues, promos en ligne sans papier

Recherche

Profil

  • Hortiman
  • Le blog Conseils Jardin Fleurissement par Hortiman
  • curieux créatif paysagiste observateur horticulteur
  • Horticulteur de formation, j'ai une passion dévorante pour le fleurissement des espaces verts qu'ils soient privés ou publics. Le tout avec un fort engagement pour l'écologie ce qui devient de plus en plus une obsession pour moi...

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés