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Une étude américaine, publiée le 3
janver 2012, met en évidence la présence dans le pollen de maïs conventionnel de pesticides de la famille des néonicotinoïdes suspectés de causer une forte mortalité chez les
abeilles. Parmi les insecticides étudiées citons le thiamétoxam (Cruiser 350) et la clothianidine (Cheyenne) qui sont utilisés sur maïs soit en traitement des semences soit en
pulvérisation. L'etude s'est attachée à mesurer l'impact de ces insecticides ainsi que celui de fongicides et d'herbicides sur la mortalité des abeilles et des ruchers situés à proximité des
champs traités.
Campagne visuelle du site planetejardin.com
L'un des cheval de bataille de Syngenta, la firme produisant le Cruiser, et d'autres à leur époque (les producteurs du Gaucho et Régent désormais interdit) est que ces insecticides utilisés en traitement des semences ne peuvent contaminer les abeilles pour trois raisons:
Mais comme dans le petit monde des pesticides une seule étude n'a pas valeur de vérité (tout dépend par qui elle est financée) je tiens à vous faire part que la publication à laquelle je fait réference à été financée par des fonds publics. Toutefois les auteurs indiquent dans une section conflits d'intérêt que par le passé ils ont publié avec des financements privés de Bayer, BASF et Syngenta. Personne n'est parfait...
Voici donc en quelques points les résultats de l'étude qui démonte gentiment les arguments des firmes phytosanitaires. Les scientifiques ont donc cultivé un champs de maïs qui a été traité avec ces différents produits en respectant à la lettre les doses et modalités indiquées pour chacun. Puis ils ont étudié les populations d'abeilles à proximité de la culture.
Bon, par où commencer... D'abord par un premier chiffre qui doit faire froid dans le dos des apiculteurs: La dose de Cruiser (thiametoxam) contenue dans une graine de maïs traitée a la capacité de tuer à elle seule 80 000 abeilles.DANS UNE SEULE GRAINE... Cela se passe de commentaire. Les dégats commencent dans les ruchers pendant le semis, qui utilise du talc (aux Etat-Unis du moins), pour améliorer la fluidité du flux de graines dans le semoir. Or le talc est très volatile et se charge de particules du pesticide qui viennent se déposer sur des plantes sauvages comme les pissenlits à proximité du champs. Comme les abeilles adorent les pissenlits pour leur pollen, voici la première contamination.
Ensuite les auteurs ont prélevé quelques mois plus tard du pollen de maïs et mesuré la présence de divers pesticides dont le thiamétoxam (Cruiser) et la clothianidine (Cheyenne). Rappelez vous bien, d'après les études "indépendantes" de certaines firmes, le pollen est vierge de toute trace de poison car ce dernier est contenu dans l'enrobage des graines et non pulvérisé sur le maïs. Regardez donc le tableau ci-dessous.
Pour illustrer un peu plus le propos voici dans un autre extrait d'un document de cette étude qui mesure les concentration de pesticides sur le pollen prélevé sur les abeilles à l'entrée des ruches en fonction du stade cultural du maïs (c'est en anglais mais pas besoin d'être expert pour en saisir le sens).
Pour finir voici quelques infos complémentaires 100% Francaises: Le Cruiser 350 vient d'obtenir une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) par l'agence nationale de sécurité sanitaire, le ministre de l'agriculture indiquant aux apiculteurs qu'aucune(s) étude(s) probante(s) ne faisait la relation entre mort des abeilles et Cruiser 350 sur maïs. Une formulation spécifique au colza (une des fleurs préférées des abeilles) vient d'être autorisée en France: le Cruiser OSR.
En 2011, la clothianidine (Cheyenne), pourtant interdite a bénéficié d'une dérogation sur maïs du 1er Avril au 31 juillet.
Dans son numéro d'octobre 2011, 60 millions de consommateurs testait 76 miels du commerce révélant avoir retrouvé dans l'ensemble du panel de test 35 résidus de pesticides et ce même dans le miel bio...
Est-il nécessaire que je continue ?
Copyright étude et extraits tableaux de résultats 2012 Krupke et al. / crédit photos: planetejardin.com
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