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Le Bacillus thuringiensis provoquerait des dommages collatéraux à l'environnement

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Icone-blog-environnementDe plus en plus de jardiniers utilisent le bacille de thuringe alias Bacillus thuringiensis pour lutter contre la teigne du poireau. Bien connue des jardiniers bio la bactérie constitue un excellent moyen de lutter contre tous les lépidoptères (papillons) que ce soit au jardin, dans les zones boisées (processionnaires) ou en zones agricoles (pyrale du maïs).

 

Découvert en 1901 par un japonais dans un élevage de vers à soie, la bactérie a été utilisée pour la première fois en milieu agricole en 1933. En 1976 est découvert deux nouveaux sérotypes à savoir Bacillus thuringiensis israelensis (Bti) et tenebrionis qui ont ouvert de nouveaux marchés pour la lutte contre les larves de moustiques et de coléoptères (doryphores sur pommes de terre).

 

Depuis environ dix ans de multiples études ont pourtant montré que B. thuringiensis pourrait avoir des effets secondaires dans l'environnement et notamment sur les milieux aquatiques. Si vous êtes un jardinier amateur ne craignez pas de l'utiliser car sa version pulvérisable, rapidement photodégradable, est faiblement persistante dans l'environnement. Non, le problème provient d'une invention récente, issue des biotechnologies à savoir les OGM et plus précisérnent du maïs Bt.

Maïs Bt comme Bacillus thuringiensis car la plante possède un gène qui lui permet de produire elle même, par ses feuilles, tiges, fleurs et racines une protéine (toxine - photo) synthétisée par la bactérie. Cette protéine une fois ingérée par le ravageur réagit avec le milieu intestinal de l'insecte en formant des cristaux qui détruisent les cellules de l'intestin. La chenille (larve) arrête donc de se nourrir et meurt.

 

Bacillus-thuringiensis

 

Mais le problème avec le maïs transgénique est que d'une part une quantité énorme de toxine Bt est libérée dans l'environnement par le pollen, les racines et transportée par le vent ou la pluie et l'irrigation vers les milieux aquatiques allant de la simple flaque à la rivière. Des études américaines ont mis au jour la toxicité du Bt pour la faune aquatique (bioindicateurs) perturbant la croissance de ces organismes ou provoquant leur mort à haute dose.

 

D'autre part le transgène pourrait être assimilé par d'autres bactéries différentes de Bacillus thuringiensis et elles aussi pourraient se mettre à fabriquer la toxine. Cependant les discussions font rage entre les partisans du maïs Bt (possédant sans doute des actions chez Monsanto...) et les chercheurs indépendants (oui, oui cela existe encore!!) sur ce risque de dissémination des gènes dans l'environnement. Peut-être verrons-nous d'autres plantes OGM produisant du Bt comme la pomme de terre pour lutter contre le doryphore (voir plus haut) mais loin de moi l'idée de donner des idées aux industriels.

 

Mais ces débats interminables sur l'innocuité des OGM profitent à l'industrie qui pendant ce temps continue à se prendre pour le docteur Frankenstein, à faire du profit sur le dos des agriculteurs du monde entier et hypothéquer un environnement dont les générations futures devront payer le prix de son déséquilibre...

 

 

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