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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 17:18

Icône blog actuDes recherches franco-japonaises sur un papillon asiatique, le Machaon d'Asie, démontrent que l'odorat n'est pas le seul facteur engagé dans les interactions entre insectes et plantes. Le Machaon d'Asie (Papilio xuthus) possède un mode de reproduction particulier car la femelle ne pond que sur une plante à savoir un agrume du genre citrus. Ce végétal possède à sa surface un mélange de composés chimiques spécifiques que le papillon reconnait grâce à des récepteurs spécifiques.

 

La femelle Machaon "analyse" donc la feuille de l'agrume après avoir lacéré la surface de celle-ci grâce à des épines et des poils situés sur ses pattes. D'après les recherches menées, le composé spécifique recherché par la femelle est la synéphrine dont le récepteur gustatif du papillon vient être identifié par les chercheurs. Des récepteurs spécifiques à d'autres substances existent sans doute ce qui suggère de nouvelles découvertes dans les années à venir.

 Papilio-xuthus

 

Vous vous dites sans doute que les chercheurs ne doivent pas avoir grand chose à faire pour mener ce type de recherche qui peuvent paraitre futiles au premier abord. Et puis quel intérêt pour le jardinier (du futur) ?

 

En jardinage bio il existe des methodes pour tromper les insectes en pratiquant des associations de végétaux notamment au potager. Ces associations ont pour but de désorienter olfactivement les ravageurs vis à vis de leur plante cible à l'aide d'une autre. Ce principe concerne l'odorat tout en sachant désormais que cela n'est pas le seul sens qui entre en jeu chez les insectes. Les recherches franco-japonaises sur ce papillon asiatique montrent donc que les insectes (en émettant une hypothèse large) sont capable de goûter la plante cible avant de pondre ou même de s'y installer et d'y effectuer un cycle.

 

Grâce à quelques expérimentations les scientifiques arrivent à la conclusion qu'il suffirait de manipuler l'image chimique de certaines plantes de manière spécifique pour tromper les insectes herbivores et par conséquent éviter les dégâts sur les cultures. Ce que l'INRA, qui collabore à ces recherches, n'indique pas c'est comment ils y arriveraient... Car le moyen le plus simple de le faire à grande échelle c'est de manipuler au niveau génétique les végétaux ciblés...

 

Objectivement ces recherches ne sont pas (éthiquement) mauvaises car je trouve passionnant de connaitre les mécanismes subtils qui lient un ravageur et son hôte. Et de plus cela ouvre des perspectives alternatives au tout chimique. Cependant c'est du domaine des biotechnologies et les firmes privées, Monsanto en tête (avec ses OGM) n'y verront pas qu'un intérêt purement scientifique mais également économique. Et c'est bien là le problème...

Par Hortiman - Publié dans : Actualités
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