Partager l'article ! Abeilles zombies: un scénario de film hollywoodien plus vrai que vrai: Des chercheurs américains ont mis en évidence le parasitisme d'une ...
Des chercheurs américains ont mis en
évidence le parasitisme d'une mouche sur les abeilles domestiques les transformant en "abeilles zombies". Ceci n'est pas le synopsis d'un nouveau film de George A. Romero, le spécialiste des
zombies au cinéma, mais cette découverte devrait tout de même nous faire peur.
Révélée le 3 janvier 2012 par un professeur d'Université de Californie dans une publication parue dans la revue PLoS ONE, la présence de ce parasite au nom peu évocateur de Apocephalus Borealis (Photo) fait partie des facteurs expliquant le "CCD" (Colony Collapse Disorder) ou syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.
Sur le même principe que les parasites utilisés en PBI (Protection biologique Intégrée) pour protéger les cultures horticoles des nuisibles comme les pucerons cette mouche pond ses oeufs à l'intérieur de l'abdomen de l'abeille. La larve avant de sortir (pour vous donner une image c'est comme dans le film Alien de Ridley Scott mais sur une abeille cette fois... c'est super dégueu) modifie le comportement de l'abeille. Cette dernière perd le sens de l'orientation, sort de la ruche en pleine nuit recherchant des sources de lumière. "[…] Elles ne peuvent pas tenir sur leurs pattes qu’elles ne cessent d’étendre pour les dégourdir avant de tomber… agissant comme des zombies" explique John Hafernik l'auteur de la publication.
Des analyses menées sur les abeilles ont montré la plus grande présence d'autres pathologies entrant en compte dans une possible explication du "CCD" avec notament un virus déformant des ailes et un champignon asiatique bien connu des spécialistes: Nosema ceranae.
Pour l'instant détectée en Californie et dans le Dakota du Sud Il est à parier que cette mouche parasite va s'étendre dans toute l'Amérique du Nord car les apiculteurs américains ont l'habitude de déplacer les ruches sur des centaines de km pour polliniser les cultures (non-bio) dans tout le pays.
Je vois déjà les industriels des pesticides nous dire "on vous l'avait dit ! L'effondrement des populations d'abeiiles c'est pas de la faute de nos produits c'est de la faute des parasites..." Ah la mauvaise foi !
En attendant quel sera l'impact de l'annonce de cette publication, qui, sitôt lue par le grand public sera vite oubliée ? Aux Etats-Unis, période pré-électorale oblige, l'opinion s'intéresse davantage (légitimement) aux conséquences de la crise et à leur avenir économique, à l'emploi, etc. La population n'élirait pas un dirigeant remettant à plat notre système et nos pratiques agricoles: ce serait hors sujet. Politiquement utopique même car il y a d'autres préoccupations et des pressions énormes des lobbys qui participent au financement des campagnes électorales.
Eintein a dit que le jour où les abeilles disparaitraient il ne resterait à l'humanité qu'un an à vivre... La science est peut être en train de démontrer qu'il avait tort concernant la théorie de la relativité. Les vérités et certitudes d'hier sont-elles encore celles d'aujourd'hui ?
J'espère que non...
L'étude ne propose pas véritablement de piste visant à solutionner ce nouveau problème. Elle se contente de poser les risques potentiels liés à une éventuelle prolifération de ce nouveau parasite sur le territoire Nord américain. Ce que je n'ai pas précisé dans l'article est que cette mouche parasite était connue pour parasiter les bourdons mais ne survivait pas lors des hivers ce qui ne posait que peu de problèmes. L'étude indique qu'à l'inverse des ruches de bourdons, la température interne des ruches d'abeilles est beaucoup plus élevée l'hiver ce qui implique une plus grande résistance du parasite aux températures hivernales...
Voici le lien vers l'étude publiée dans la revue PLoS ONE que jai placé ce matin sur mon compte twitter ( @myhortiman): http://bit.ly/zVXtjd