Retrouvez d'autres interventions de ce "diseur de vérité" sur le site de sa socièté (LAMS) spécialisée dans l'étude écologique de profil cultural et également laboratoire indépendant d'analyse de sol.
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Des recherches
franco-japonaises sur un papillon asiatique, le Machaon d'Asie, démontrent que l'odorat n'est pas le seul facteur engagé dans les interactions entre insectes et plantes. Le Machaon
d'Asie (Papilio xuthus) possède un mode de reproduction particulier car la femelle ne pond que sur une plante à savoir un agrume du genre citrus. Ce végétal possède à sa surface un mélange de
composés chimiques spécifiques que le papillon reconnait grâce à des récepteurs spécifiques.
La femelle Machaon "analyse" donc la feuille de l'agrume après avoir lacéré la surface de celle-ci grâce à des épines et des poils situés sur ses pattes. D'après les recherches menées, le composé spécifique recherché par la femelle est la synéphrine dont le récepteur gustatif du papillon vient être identifié par les chercheurs. Des récepteurs spécifiques à d'autres substances existent sans doute ce qui suggère de nouvelles découvertes dans les années à venir.
Vous vous dites sans doute que les chercheurs ne doivent pas avoir grand chose à faire pour mener ce type de recherche qui peuvent paraitre futiles au premier abord. Et puis quel intérêt pour le jardinier (du futur) ?
En jardinage bio il existe des methodes pour tromper les insectes en pratiquant des associations de végétaux notamment au potager. Ces associations ont pour but de désorienter olfactivement les ravageurs vis à vis de leur plante cible à l'aide d'une autre. Ce principe concerne l'odorat tout en sachant désormais que cela n'est pas le seul sens qui entre en jeu chez les insectes. Les recherches franco-japonaises sur ce papillon asiatique montrent donc que les insectes (en émettant une hypothèse large) sont capable de goûter la plante cible avant de pondre ou même de s'y installer et d'y effectuer un cycle.
Grâce à quelques expérimentations les scientifiques arrivent à la conclusion qu'il suffirait de manipuler l'image chimique de certaines plantes de manière spécifique pour tromper les insectes herbivores et par conséquent éviter les dégâts sur les cultures. Ce que l'INRA, qui collabore à ces recherches, n'indique pas c'est comment ils y arriveraient... Car le moyen le plus simple de le faire à grande échelle c'est de manipuler au niveau génétique les végétaux ciblés...
Objectivement ces recherches ne sont pas (éthiquement) mauvaises car je trouve passionnant de connaitre les mécanismes subtils qui lient un ravageur et son hôte. Et de plus cela ouvre des perspectives alternatives au tout chimique. Cependant c'est du domaine des biotechnologies et les firmes privées, Monsanto en tête (avec ses OGM) n'y verront pas qu'un intérêt purement scientifique mais également économique. Et c'est bien là le problème...
Comme pour l'an passé je vais
essayer de me faire madame soleil et de faire l'inventaire des tendances qui vont marquer l'année 2012. En fait il n'y a pas de magie dans ces prévisions car il m'a suffit d'observer ce qu'il se
passait dans les jardineries de ma région et dans la presse horticole professionnelle.
Le potager à l'honneur
La première tendance qui n'est pas nouvelle est la progression sans précédent du potager au jardin. La marge de manoeuvre est impressionnante car contrairement à ce que l'on pourrait croire vous n'êtes pas si nombreux à possèder un potager: selon une récente étude seul 52% d'entre vous cultivent des légumes dans un espace dédié. A l'intérieur de la tendance potager se dessine un autre facette à savoir l'engouement probable pour les plants et les semences potagères bio. Cela traduit la confirmation de valeurs comme le manger sain, le produire local (très local même, son jardin) ou encore nécessité économique due à la crise.
Le boum des fruitiers
La presse professionnelle à également mis en évidence la progression probable en 2012 des fruitiers. Mais attention pas n'importe lesquels: la plupart d'entre vous ne possèdant pas de verger ce sera des fruitiers nains, des variétés rares ou encore ce que l'on appelle des fruitiers colonnaires donnant des fruits sur une unique tige centrale. Idéal pour la culture en bac ou dans les petits jardins de ville. A noter également le developpement chez les jardiniers d'une auto-production d'une baie bien connue: le goji. Jusqu'à maintenant on ne trouvait cette baie riche en anti-oxydants que dans les épiceries bio: désormais vous pourrez trouver la plante et la cultiver dans votre jardin.
La reconquète des éphémères annuelles
Au jardin d'ornement les professionnels vont essayer de relancer la vente des annuelles qui a connu une année 2011 catastrophique. Pour cela on va observer un retour des couleurs vives dans les marchés couverts des jardineries. Et pas seulement des végétaux eux-même mais également de leur contenant avec des pots plastique haut de gamme aux couleurs chatoyantes. Le binôme fleurs/feuillages décoratifs va constituer la tendance des massifs dans nos jardins en 2012. A noter l'offensive probable des graminées annuelles dans ces mêmes massifs fleuris issues de la tendance des réalisations des Services Epaces Verts (SEV) des villes. Vous trouverez notamment dans vos jardineries une drôle de plante ressemblant à une graminée aux couleurs enflammées et exotiques: le Phormium ou Lin de Nouvelle Zélande.
Le Pélargonium (géranium) verra sa dégringolade se poursuivre au profit du Dipladénia, plus exotique, qui commence à devenir une valeur sûre: has-been le gégé ?
Pour simplifier la vie du jardinier ou de la jardinière débutante les producteurs horticoles ont mis en culture des compositions toutes faites (suspensions, vasques,...) qu'il suffit de placer au jardin après achat (pas de rempotage, d'achats de sacs de terreau,...).
N'oubliez pas votre smartphone
Autre mode déjà esquissée l'an passé c'est la généralisation progressive des codes "2D" ou "qr code" sur le packaging des plantes. Vous savez, ce sont ces petits pictogrammes de forme carrée que l'on flashe avec un smartphone donnant accès à des informations (commerciales...) supplémentaires sur le produit: conseils de culture, recettes de cuisine pour les potagères et aromatiques...
La-bel(le) qualité
J'en ai déjà parlé dans ce blog, lors de vos achats il faudra que vous fassiez attention aux différents labels de qualité qui ont commencé à envahir les rayons des produits horticoles: label AB (plantes, semences bio), Label Rouge (sur les Dahlias notamment), labels spécifiques à certaines productions régionales ou locales et bientôt le label français "plante bleue" signalant les productions éco-responsables.
Je me demande à quoi cela sert qu'on
dénonce la dangerosité de certains pesticides pour l'environnement. Je n'avais pas l'intention de réécrire un article sur le Cruiser (voir celui du 9 janvier 2012) mais l'actualité m'y
oblige.
En effet la socièté Algoflash (célébre pour ses engrais) commence à faire en grande pompe la promotion d'une nouvelle gamme d'insecticides à savoir AXORIS®.
Cela aurait pu passer inaperçu si je n'avais pas regardé la composition en détail: parmi le mélange détonnant de substances actives présentes se trouve le thiamétoxam. Je crois rêver !! La matière active du Cruiser si justement soupçonnée par les apiculteurs de provoquer une forte mortalité chez les abeilles. Sur le site d'Algoflash la première formulation de cette nouvelle gamme est un anti-doryphores présenté comme la solution miracle pour sauver vos chères pommes de terre. C'est d'autant plus symbolique que les pesticides ont été créé au début du XXe siècle pour lutter contre le doryphore qui provoquait un début de famine en raison des dégâts provoqués sur cette même culture.
Alors quoi ? Que fait-on ? Les sociètés de produits antiparasitaires profitent que les jardiniers amateurs n'y connaissent rien en chimie des pesticides pour introduire des poisons pareils. En tant que professionnel du jardin et bloggeur je vous invite à regarder les étiquettes des produits que vous achetez et à vous renseigner. Il existe sur internet suffisamment de sources pour être informé.
Si vous décidez d'utiliser cette nouvelle gamme de chez Algoflash retenez bien ce nom "THIAMETOXAM". C'est une substance systémique c'est à dire qu'elle est véhiculée par la sève de la plante et qui offre une importante persistance d'action antiparasitaire. Par conséquent si vous ne respectez pas les délais de traitements avant récolte il y a de fortes chances que vous en mangiez avec vos "patates".
Une étude américaine, publiée le 3
janver 2012, met en évidence la présence dans le pollen de maïs conventionnel de pesticides de la famille des néonicotinoïdes suspectés de causer une forte mortalité chez les
abeilles. Parmi les insecticides étudiées citons le thiamétoxam (Cruiser 350) et la clothianidine (Cheyenne) qui sont utilisés sur maïs soit en traitement des semences soit en
pulvérisation. L'etude s'est attachée à mesurer l'impact de ces insecticides ainsi que celui de fongicides et d'herbicides sur la mortalité des abeilles et des ruchers situés à proximité des
champs traités.
Campagne visuelle du site planetejardin.com
L'un des cheval de bataille de Syngenta, la firme produisant le Cruiser, et d'autres à leur époque (les producteurs du Gaucho et Régent désormais interdit) est que ces insecticides utilisés en traitement des semences ne peuvent contaminer les abeilles pour trois raisons:
Mais comme dans le petit monde des pesticides une seule étude n'a pas valeur de vérité (tout dépend par qui elle est financée) je tiens à vous faire part que la publication à laquelle je fait réference à été financée par des fonds publics. Toutefois les auteurs indiquent dans une section conflits d'intérêt que par le passé ils ont publié avec des financements privés de Bayer, BASF et Syngenta. Personne n'est parfait...
Voici donc en quelques points les résultats de l'étude qui démonte gentiment les arguments des firmes phytosanitaires. Les scientifiques ont donc cultivé un champs de maïs qui a été traité avec ces différents produits en respectant à la lettre les doses et modalités indiquées pour chacun. Puis ils ont étudié les populations d'abeilles à proximité de la culture.
Bon, par où commencer... D'abord par un premier chiffre qui doit faire froid dans le dos des apiculteurs: La dose de Cruiser (thiametoxam) contenue dans une graine de maïs traitée a la capacité de tuer à elle seule 80 000 abeilles.DANS UNE SEULE GRAINE... Cela se passe de commentaire. Les dégats commencent dans les ruchers pendant le semis, qui utilise du talc (aux Etat-Unis du moins), pour améliorer la fluidité du flux de graines dans le semoir. Or le talc est très volatile et se charge de particules du pesticide qui viennent se déposer sur des plantes sauvages comme les pissenlits à proximité du champs. Comme les abeilles adorent les pissenlits pour leur pollen, voici la première contamination.
Ensuite les auteurs ont prélevé quelques mois plus tard du pollen de maïs et mesuré la présence de divers pesticides dont le thiamétoxam (Cruiser) et la clothianidine (Cheyenne). Rappelez vous bien, d'après les études "indépendantes" de certaines firmes, le pollen est vierge de toute trace de poison car ce dernier est contenu dans l'enrobage des graines et non pulvérisé sur le maïs. Regardez donc le tableau ci-dessous.
Pour illustrer un peu plus le propos voici dans un autre extrait d'un document de cette étude qui mesure les concentration de pesticides sur le pollen prélevé sur les abeilles à l'entrée des ruches en fonction du stade cultural du maïs (c'est en anglais mais pas besoin d'être expert pour en saisir le sens).
Pour finir voici quelques infos complémentaires 100% Francaises: Le Cruiser 350 vient d'obtenir une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) par l'agence nationale de sécurité sanitaire, le ministre de l'agriculture indiquant aux apiculteurs qu'aucune(s) étude(s) probante(s) ne faisait la relation entre mort des abeilles et Cruiser 350 sur maïs. Une formulation spécifique au colza (une des fleurs préférées des abeilles) vient d'être autorisée en France: le Cruiser OSR.
En 2011, la clothianidine (Cheyenne), pourtant interdite a bénéficié d'une dérogation sur maïs du 1er Avril au 31 juillet.
Dans son numéro d'octobre 2011, 60 millions de consommateurs testait 76 miels du commerce révélant avoir retrouvé dans l'ensemble du panel de test 35 résidus de pesticides et ce même dans le miel bio...
Est-il nécessaire que je continue ?
Copyright étude et extraits tableaux de résultats 2012 Krupke et al. / crédit photos: planetejardin.com
Des chercheurs américains ont mis en
évidence le parasitisme d'une mouche sur les abeilles domestiques les transformant en "abeilles zombies". Ceci n'est pas le synopsis d'un nouveau film de George A. Romero, le spécialiste des
zombies au cinéma, mais cette découverte devrait tout de même nous faire peur.
Révélée le 3 janvier 2012 par un professeur d'Université de Californie dans une publication parue dans la revue PLoS ONE, la présence de ce parasite au nom peu évocateur de Apocephalus Borealis (Photo) fait partie des facteurs expliquant le "CCD" (Colony Collapse Disorder) ou syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.
Sur le même principe que les parasites utilisés en PBI (Protection biologique Intégrée) pour protéger les cultures horticoles des nuisibles comme les pucerons cette mouche pond ses oeufs à l'intérieur de l'abdomen de l'abeille. La larve avant de sortir (pour vous donner une image c'est comme dans le film Alien de Ridley Scott mais sur une abeille cette fois... c'est super dégueu) modifie le comportement de l'abeille. Cette dernière perd le sens de l'orientation, sort de la ruche en pleine nuit recherchant des sources de lumière. "[…] Elles ne peuvent pas tenir sur leurs pattes qu’elles ne cessent d’étendre pour les dégourdir avant de tomber… agissant comme des zombies" explique John Hafernik l'auteur de la publication.
Des analyses menées sur les abeilles ont montré la plus grande présence d'autres pathologies entrant en compte dans une possible explication du "CCD" avec notament un virus déformant des ailes et un champignon asiatique bien connu des spécialistes: Nosema ceranae.
Pour l'instant détectée en Californie et dans le Dakota du Sud Il est à parier que cette mouche parasite va s'étendre dans toute l'Amérique du Nord car les apiculteurs américains ont l'habitude de déplacer les ruches sur des centaines de km pour polliniser les cultures (non-bio) dans tout le pays.
Je vois déjà les industriels des pesticides nous dire "on vous l'avait dit ! L'effondrement des populations d'abeiiles c'est pas de la faute de nos produits c'est de la faute des parasites..." Ah la mauvaise foi !
En attendant quel sera l'impact de l'annonce de cette publication, qui, sitôt lue par le grand public sera vite oubliée ? Aux Etats-Unis, période pré-électorale oblige, l'opinion s'intéresse davantage (légitimement) aux conséquences de la crise et à leur avenir économique, à l'emploi, etc. La population n'élirait pas un dirigeant remettant à plat notre système et nos pratiques agricoles: ce serait hors sujet. Politiquement utopique même car il y a d'autres préoccupations et des pressions énormes des lobbys qui participent au financement des campagnes électorales.
Eintein a dit que le jour où les abeilles disparaitraient il ne resterait à l'humanité qu'un an à vivre... La science est peut être en train de démontrer qu'il avait tort concernant la théorie de la relativité. Les vérités et certitudes d'hier sont-elles encore celles d'aujourd'hui ?
J'espère que non...
Le 20 octobre a été publié un
décret de la loi grenelle 2 concernant les agréments des entreprises et les certificats individuels liés aux produits phytos (ou pesticides pour les écolos comme moi...). Rassurez vous cela ne
vous concerne pas directement en tant que jardinier amateur mais plutôt en tant que consommateur de ces produits nocifs.
Je vous passe les détails de la loi concernant les professionnels stricto sensu pour m'attacher au chapitre des vendeurs de nos "chères" jardineries. En effet ce nouveau texte dit que chaque vendeur devra être titulaire d'un certificat individuel pour pouvoir vous conseiller et vous vendre des produits de traitements pour votre jardin. Ce certificat (à durée limitée et renouvelable) sera délivré après une formation de 3 jours pour une première fois puis de 2 jours pour un renouvelement.
Est-ce à comprendre que jusqu'à maintenant les vendeurs n'étaient pas formés pour vendre ce type de produits ? Oui et non en fait.... Les chefs de rayon produits phytosanitaires (insecticides, fongicides, etc) sont de toute façon de formation horticole et connaissent plus ou moins les bases pour bien vous conseiller. Cependant il n'y avait pas de mise à niveau des connaissances en matière de pratique, de molécule ou de législation. Il n'était pas rare (il y a quelques années) de voir dans des LISA (LIbre Service Agricole) des vendeurs proposant des produits destinés à l'usage professionnel à des amateurs. Cela est aujourd'hui clairement interdit car les 2 gammes sont désormais clairement étiquetées (mention EAJ pour les amateurs).
Mais cette loi issue du "grenelle 2" n'a-t-elle pas déja énormément de retard en matière d'écologie jardinière ? Ne faut-il pas aller encore plus loin ? Former pendant 3 jours des vendeurs/conseiilers à vendre des pesticides à des jardiniers pas toujours au courant de la législation et des pratiques c'est toujours bon à prendre mais il aurait fallu le faire il y a bien longtemps. Il faut se reveiller l'avenir est ailleurs. Le rôle des professionnels du jardin est d'assurer la transition entre l'assistanat du jardinier amateur par le chimique et son autonomie par la formation aux méthodes naturelles....
Peut être faudrait-il s'inspirer de certains magasins de bricolage qui proposent des formations aux bricoleurs du dimanche. Apprendre "aux jardiniers du dimanche" à reconnaitre les ravageurs, que leur présence en faible quantité n'est pas mortelle pour leurs végétaux, qu'il vaut mieux juguler une invasion de pucerons plutôt que sortir la "sulfateuse biogénocidaire" et exterminer la menace. En effet il n'est économiquement pas raisonnable de sortir de sa jardinerie sans sa petite boite de produit miracle, même estampillé AB, mais avec un simple conseil "gratuit" de bon sens. Dans notre socièté de consommation matérielle un conseil coûte peu à celui qui le reçoit mais ne rapporte rien à celui qui le donne (économiquement parlant). Notre monde ne supporte pas la gratuité. Elle attire la convoitise, l'indignation, l'incompréhension. Sur mon site les conseils sont gratuit ce qui ma valu un reportage de la branche locale de France 3 l'an passé. La gratuité attire l'attention ce qui peut apporter une multitude d'opportunité pour se faire connaitre.
Un nouveau modèle économique basé sur la gratuité et l'échange est possible au jardin comme ailleurs. Internet l'a bien compris...
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